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Vie quotidienne en habitat partagé senior : ce que ma mère vit chez Maison de Blandine

Publié le 05 mai 2026 dans la catégorie Bien vieillir chez soi

Pendant des mois, j'ai cherché à imaginer la journée de ma mère ailleurs que chez elle. J'ai lu des plaquettes, regardé des vidéos, parlé à des conseillers. Rien ne me donnait ce que je cherchais vraiment : à quoi ressemble la vie quotidienne en habitat partagé senior ? Pas un argumentaire. Une journée, une vraie.

Six mois après son emménagement à La Maison de Blandine, je peux la raconter. Heure par heure. Sans embellissement.

7 h 30, le matin commence quand elle veut

Ma mère a toujours détesté qu'on lui dise quand se lever. Elle se levait à 7 h chez elle. Elle se lève à 7 h dans son appartement de la Maison de Blandine.

Personne ne frappe à sa porte. Pas de réveil collectif, pas de petit-déjeuner servi à heure fixe. Elle prépare son café dans sa cuisine, comme avant. Sa tasse est la même. Son café aussi. Elle écoute la radio, ouvre la fenêtre, regarde le jardin.

Quand elle a envie de descendre dans la cuisine commune, elle descend. Souvent, elle y croise une voisine qui prend son café. Parfois personne. Elle remonte chez elle, ou elle reste discuter. C'est elle qui décide.

Cette première heure de la journée, c'est la sienne. C'est ce qu'elle voulait préserver, et c'est ce qui m'a fait comprendre que la vie quotidienne en habitat partagé senior ne ressemblait à rien de ce que j'avais imaginé.

10 h, la coordinatrice passe dire bonjour

Vers 10 h, la coordinatrice fait un tour dans la maison. Pas une ronde. Un passage simple, presque familier. Elle frappe, dit bonjour, demande comment va la journée. Cinq minutes, parfois plus.

Pour ma mère, qui vivait seule et pouvait passer une journée entière sans entendre une voix qui s'adressait à elle, ces cinq minutes comptent. Elles ne remplacent pas mes appels. Elles ne sont pas non plus une surveillance. C'est juste quelqu'un qui sait qu'elle est là, et qui le lui montre.

Quand j'appelle ma mère le soir, elle me raconte parfois cet échange. "Karine est passée, on a parlé du marché de samedi." Une phrase de rien. Et pourtant, c'est exactement ce qui me rassure le plus.

12 h 30, le repas, partagé ou pas

Le repas partagé est servi dans les espaces communs 3 fois par semaine. Quand on m'a parlé de repas partagés, j'imaginais quelque chose de totalement différent. Un repas partagé à La Maison de Blandine est préparé par les habitants et mangé par... les habitants ! Tout le monde se retrouve, le menu est prêt un peu en avance, les courses faites le matin même.

Quand elle y va, c'est pour la conversation. Elle s'assied avec les mêmes voisines, ou avec d'autres, selon l'envie. Le repas dure une heure, parfois plus. Elles parlent de leurs enfants, des nouvelles, du temps qu'il fait. Banal, et précieux.

Les autres jours, ma mère préfère manger chez elle. Elle se cuisine quelque chose de simple. Personne ne s'en étonne. Personne ne lui fait remarquer son absence.

C'est ça, la différence avec ce que j'avais en tête quand je pensais "maison de retraite". L'idée que partager n'est pas une obligation, c'est une possibilité.

15 h, mes visites, son marché, ses sorties

L'après-midi appartient à ma mère et à ce qu'elle veut en faire.

Un planning d'animation existe. Ce sont d'ailleurs les habitants qui le définissent, ils choisissent leurs activités. Ils peuvent profiter des 2 activités par jour, tous les jours.

Le mercredi, je passe la voir avec mes enfants. On boit un café dans son appartement, ou on va se balader dans le jardin si le temps le permet. Mes enfants connaissent ses voisines. Ils racontent leur journée à qui veut bien les écouter. Ma mère est devenue, pour eux, "la mamie qui a une grande maison avec des amis dedans".

Les autres jours, elle a son rythme. Le marché du jeudi avec une voisine. Une promenade dans le quartier. Une visite chez le médecin. Personne n'organise sa journée à sa place. Elle l'organise elle-même, comme avant. Sauf qu'elle n'est plus seule pour le faire.

C'est cette autonomie quotidienne qui m'a fait lâcher la culpabilité. Ma mère ne dépend pas seulement d'un planning d'animation. Elle continue d'avoir une vie à elle. Et cette vie, elle peut la partager si elle le souhaite.

18 h, le soir, sa porte se ferme

Vers 18 h, ma mère remonte chez elle pour de bon. Elle prépare un repas léger ou descend une dernière fois si elle a envie de croiser quelqu'un. Puis elle ferme sa porte.

Pendant la nuit, les 4 jeunes qui habitent en colocation dans la maison prennent le relais. Quelqu'un est joignable jusqu'au matin. Ma mère ne les a jamais sollicités, mais elle sait que quelqu'un est là. Cette sécurité douce, sans surveillance, c'était mon angoisse principale avant son emménagement. Elle s'est dissoute dès la première semaine.

Elle lit un peu, regarde la télévision, m'appelle parfois. Elle dort dans son lit, dans son appartement, derrière sa porte. Comme avant. Sauf qu'elle n'est plus seule dans son immeuble, et que je n'ai plus à imaginer le pire à chaque silence.

Ce que cette vie quotidienne en habitat partagé senior a changé pour moi

Ce que j'ai compris en six mois, c'est que la peur que j'avais portée pendant des années, celle de "placer" ma mère, reposait sur une image qui n'existait plus. La vie quotidienne en habitat partagé senior que je découvrais ressemblait à sa vie d'avant, en moins isolée. Pas en plus contrainte.

Je ne suis plus la fille qui appelle pour vérifier que tout va bien. Je suis redevenue sa fille. On parle d'autre chose que de ses repas, de ses médicaments, de son frigo. On parle de nous.

C'est ça, finalement, la vraie vie quotidienne en habitat partagé senior. Une journée où ma mère se sent chez elle. Et où moi, je me sens à ma place.

Et si vous veniez voir, juste pour vous projeter ?

Aucun article ne remplace une visite. Vous pouvez venir une heure, deux heures, le temps que vous voulez. Boire un café avec un habitant. Voir un appartement. Poser vos questions.

C'est sans engagement. Et c'est souvent ce qui change la perception qu'on se fait d'un lieu. Quand on imagine une "maison de retraite", on imagine ce qu'on a vu ailleurs, ou ce qu'on a entendu dire.

Quand on visite une Maison de Blandine, on découvre autre chose.

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