Se sentir utile après 85 ans, c'est souvent la question qu'on n'ose pas poser pendant une visite. On demande la taille de l'appartement, l'heure des repas, si on peut venir avec son chat.
Et puis, sur le pas de la porte, quelqu'un finit par dire à voix basse : « Mais moi, qu'est-ce que je vais faire, là-bas ? »
Derrière la phrase, il y a une peur plus lourde. Celle de ne plus servir à rien.

La peur de devenir inutile, et pourquoi elle se comprend
Pendant 60 ans, vous avez été utile sans y penser. Au travail, à la maison, pour vos enfants, puis pour vos petits-enfants. On comptait sur vous.
Avec l'âge, les occasions se raréfient. Les enfants se débrouillent. Une aide passe faire le ménage. Et on se retrouve à attendre que la journée passe.
Robert vivait comme ça, seul dans son appartement. Une auxiliaire de vie venait chaque jour, et de l'extérieur, tout tenait. Puis son fils a décomposé une journée avec lui, heure par heure. Entre les passages, il ne se passait rien. Robert se débrouillait très bien. Il n'avait simplement plus de raison de se lever le matin.
Cette peur-là est légitime. Elle mérite mieux qu'un « mais si, vous verrez, vous allez vous occuper ».
Ce que dit la raison d'être de La Maison de Blandine
Les statuts d'une entreprise l'engagent. Ceux de La Maison de Blandine parlent d'utilité.
La Maison de Blandine est une société à mission. Sa raison d'être, inscrite dans ses statuts, est de « rompre l'isolement et redonner un sentiment d'utilité au plus grand nombre de personnes âgées, grâce à un Habitat Partagé Accompagné joyeux, à taille humaine ».
Le mot « utilité » est écrit noir sur blanc. Et un comité de mission, où siègent aussi des habitants et des proches, vérifie que l'entreprise tient ce cap.
Concrètement, ça donne une règle simple dans chaque Maison : les habitants inventent la vie de la maison. Les activités sont proposées, jamais imposées. Et les rôles qu'on y prend, on les choisit.
Les petits rôles du quotidien
Se sentir utile après 85 ans tient souvent à des gestes modestes. Voici ceux qu'on voit le plus dans nos Maisons.
- Accueillir un nouvel habitant. Lui montrer où est la boîte aux lettres, lui présenter ses voisins, lui garder une place au premier repas partagé.
- Transmettre une recette. Chaque Maison organise 3 repas partagés par semaine, préparés par les habitants qui en ont envie. C'est là que les recettes de famille trouvent de nouveaux amateurs.
- S'occuper du jardin ou des plantes. Arroser, tailler, dire quand il est temps de rentrer les géraniums.
- Donner un coup de main. Recoudre un bouton, régler la télévision d'une voisine, monter une étagère.
- Conseiller un jeune. Des étudiants et des jeunes actifs vivent dans chaque Maison. Ils ont des examens, un premier emploi, parfois un chagrin d'amour. Certains habitants ont 60 ans d'expérience sur la question.
- Lancer un projet. et partager une passion Une promenade du jeudi, un atelier de peinture, une chorale : ce sont souvent les habitants qui les proposent.
- Garder sa place dans la commune. Une association, le marché, un engagement de longue date qu'on continue.
Ces rôles naissent sans planning, parce que des gens vivent sous le même toit et se croisent tous les jours.
Ce qu'on n'est jamais obligé de faire
Tout ce qui précède est facultatif. Personne ne vous inscrit à rien.
Vous avez votre appartement, votre porte, votre cuisine. Vous pouvez passer la journée à lire, à regarder un match de rugby ou à téléphoner à vos petits-enfants. Vous pouvez venir au repas partagé une semaine sur deux, ou jamais.
On a aussi le droit de ne rien faire. On est chez soi.
C'est tout l'équilibre d'une maison partagée, qu'on détaillait dans Peut-on vivre ensemble sans perdre son intimité ?.
C'est d'ailleurs souvent comme ça que ça commence. On observe pendant quelques jours. Puis un matin, on propose de mettre la table, parce qu'on était là et que ça semblait naturel.
Ce que ça change pour vos proches
Vos enfants s'inquiètent rarement de la taille de votre salon. Ils s'inquiètent de vos journées. De vous savoir seul, à attendre leur appel.
Quand ils vous entendent raconter que vous avez appris à une étudiante à faire une pâte brisée, ou que vous avez accueilli la nouvelle voisine du deuxième, leur inquiétude change de nature. Ils retrouvent un parent qui a des choses à raconter.
Et vous retrouvez une conversation à deux sens. On prend de vos nouvelles, et vous en donnez aussi.
Vous gardez aussi votre médecin et vos habitudes de soin quand vous changez de logement : on l'expliquait dans Peut-on garder son médecin traitant en habitat partagé ?.
Choisir son rythme, et sa place
Se sentir utile après 85 ans dépend rarement de grandes choses. Il faut des gens autour, et la liberté de répondre présent ou de rester chez soi.
Dans une Maison de Blandine, vous avez les deux, à votre rythme. Si vous vous demandez encore si c'est le bon moment, lisez Pourquoi choisir l'habitat partagé après 80 ans ?. Pour découvrir les Maisons près de chez vous, consultez la page Nos Maisons.
Venez visiter une Maison, et demandez aux habitants ce qu'ils y font. Appelez-nous au 04 82 29 66 66.
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