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Déléguer quand on est aidant : par quoi commencer ?

Publié le 06 octobre 2026 dans la catégorie Le concept des Maisons de Blandine

Déléguer quand on est aidant, tout le monde vous le conseille. Vos amis, votre conjoint, parfois votre parent lui-même.

Et le mardi suivant, c'est encore vous qui appelez la pharmacie, qui passez au supermarché avant 19 h et qui vérifiez que le rendez-vous chez l'ophtalmo est bien noté sur le calendrier de la cuisine.

Ce 6 octobre, c'est la Journée nationale des aidants. Une bonne occasion de regarder ce que vous portez, et de choisir une chose à poser.

Une seule, pour commencer.

Pourquoi on finit par tout garder

Au début, vous n'avez rien décidé. Vous avez rendu un service, puis deux, puis c'est devenu votre semaine. Si vous vous reconnaissez là, on en parlait dans Quand on devient aidant sans s'en rendre compte.

Puis une petite phrase s'installe : « Personne ne le fera comme moi. »

Elle est souvent vraie. Personne ne sait que votre mère prend son café avec un nuage de lait froid, ni qu'elle range ses lunettes dans le tiroir du buffet. Vous, si.

Et lâcher une tâche donne l'impression de lâcher la personne. Alors vous gardez tout, par amour, et parce que vous avez peur qu'une erreur arrive le jour où vous n'étiez pas là.

Le problème, c'est le prix. Ce que vous gardez par amour finit par manger le temps que vous pourriez passer avec elle.

Les tâches qui épuisent sans nourrir la relation

Faites l'exercice sur une semaine. Notez tout ce que vous faites pour votre parent, même les choses de 5 minutes.

Vous verrez apparaître deux familles de tâches. La première ressemble à ça :

  • les courses et la pharmacie ;
  • les rendez-vous médicaux à caler, à rappeler, à déplacer ;
  • les papiers, les factures, la mutuelle ;
  • les petits travaux et les ampoules à changer ;
  • les nuits où vous vous demandez s'il a bien fermé la porte.

Ces tâches ont un point commun. Quelqu'un d'autre peut les faire aussi bien que vous, et souvent plus sereinement, parce qu'il ne les fait pas avec la boule au ventre.

C'est par elles que déléguer quand on est aidant devient possible.

Les nuits d'inquiétude sont à part. Vous ne pouvez pas les confier à quelqu'un qui passe une heure par jour. Elles ne se calment que quand vous savez qu'une présence existe près de votre parent, même quand vous êtes loin.

À qui confier, du voisin aux professionnels

On pense tout de suite aux grandes solutions. Pourtant, les premiers relais sont souvent tout près.

Le voisin ou la voisine peut relever le courrier, jeter un œil aux volets le matin, passer prendre le pain. Beaucoup ne demandent qu'à rendre service, à condition qu'on le leur demande clairement.

Vos frères et sœurs, même éloignés, peuvent prendre une colonne. L'un gère les papiers à distance, l'autre les rendez-vous. Envoyez-leur votre liste, c'est souvent plus simple que d'attendre qu'ils la devinent. Pour préparer cette discussion, lisez Décider en famille pour un parent âgé : comment réunir la fratrie.

Les professionnels prennent le reste : aide à domicile, infirmière libérale, portage de repas, livraison de courses. Le CCAS de la commune de votre parent peut vous dire quelles aides existent et à quoi il a droit.

Et parfois, c'est le logement qui pose problème. Quand votre parent vit seul et que les journées sont longues, une maison partagée change la répartition.

Dans une Maison de Blandine, votre parent a son appartement, sa porte, ses meubles. Une coordinatrice le connaît par son prénom, et vous pouvez l'appeler quand vous avez une question. Des étudiants et des jeunes actifs vivent sur place et sont là le soir, la nuit et le week-end (on explique comment dans La nuit et le week-end en habitat partagé : qui veille ?). Il garde aussi son médecin, son kiné et ses habitudes de soin (Peut-on garder son médecin traitant en habitat partagé ?).

Vous gardez le dimanche. La maison prend les nuits.

Ce que ça donnerait à la Maison de Blandine

La deuxième famille de tâches est plus courte. Le déjeuner du dimanche. Le coup de fil du soir, celui où il vous raconte sa journée. Les photos qu'on ressort. L'avis qu'il vous demande sur sa nouvelle veste.

Ces moments-là ne se délèguent pas, et personne ne vous demande de le faire. Ce sont eux que la fatigue grignote en premier, quand tout le reste vous prend la semaine.

Vous pouvez rester son enfant sans devenir son infirmier.

Si votre parent vivait dans une Maison de Blandine, le tri pourrait ressembler à ça.

Je garde  Je confie à la Maison  
Le déjeuner du dimanche et les visites, quand j'en ai envie  Les soirs, les nuits et les week-ends : des étudiants et des jeunes actifs vivent sur place  
Le coup de fil du soir, pour le plaisir de l'entendre  Les nouvelles du quotidien : la coordinatrice le connaît par son prénom, et je peux l'appeler quand j'ai une question  
Les décisions importantes, prises avec lui  Le lien avec ses soignants : la coordinatrice aide à tenir le calendrier de l'infirmière, du kiné, de l'aide à domicile  
Les souvenirs, les photos, les histoires de famille  La compagnie au fil des jours : des voisins qui le connaissent et lui gardent une place à table  
Les sorties qui lui font plaisir  Les repas partagés : 3 par semaine dans la Maison, s'il en a envie  
Ma place de fille ou de fils  L'œil sur les petits changements : la coordinatrice les remarque et fait le lien avec moi  

Votre tableau sera sans doute différent. Ce qui compte, c'est que la colonne de gauche contienne ce qui vous relie à lui.

Comment en parler à votre parent

C'est souvent là que tout bloque. Vous avez peur qu'il entende « tu deviens un poids ».

Partez de vous. « Je suis fatigué en ce moment, j'aimerais qu'on trouve quelqu'un pour les courses » passe mieux que « tu ne peux plus faire tes courses seul ». La première phrase parle de votre semaine. La seconde parle de son déclin.

Laissez-lui choisir ce qui peut l'être : la personne, le jour, l'heure. Celui qui choisit accepte plus facilement.

Commencez par une seule tâche, pendant un mois. Si ça se passe bien, la deuxième viendra plus vite.

Et s'il vous répond « je me débrouille », vous trouverez des pistes dans Parler d'habitat partagé à un parent qui dit « je me débrouille ».

Si la question du logement se pose, proposez une visite plutôt qu'une décision. Dans une Maison de Blandine, votre parent peut aussi essayer pendant 2 mois, sans engagement (Et si ça ne lui plaît pas ? La période d'essai en habitat partagé senior). Il garde la main, et vous aussi.

Garder le meilleur, confier le reste

Déléguer quand on est aidant revient à faire un tri. Les courses partent. Le dimanche reste.

Vous avez le droit de vouloir retrouver votre place de fille, de fils, de conjoint. Votre parent y gagne aussi : il retrouve quelqu'un qui vient le voir parce qu'il en a envie.

Commencez par une ligne de la colonne de droite. Une seule, cette semaine.

Et si vous veniez visiter une Maison de Blandine, avec ou sans votre parent, juste pour voir ? Appelez-nous au 04 82 29 66 66.

Vous avez des questions ? Un projet ?

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